L'homme
Jean Le Cam.
Né le 27 avril 1959.
Marié, deux enfants.
Vit à La Forêt Fouesnant
Ne demandez jamais à Jean Le Cam ce qu'il aurait aimé faire, s'il n'était pas devenu le navigateur qu'il est aujourd'hui.
Vous risquez de recevoir en guise de réponse, un sourire malicieux suivi d'un long silence qui disent bien l'inanité de la question.
Car pour Jean, certaines choses sont des évidences. S'il en est là aujourd'hui, ce n'est pas en fonction d'un plan de carrière, mais bien d'une vie qui s'est construite peu à peu autour de ses deux passions :
concevoir et construire des bateaux puis les faire naviguer au mieux de leurs possibilités.
Car Jean Le Cam n'est pas seulement le marin passionné que l'on connaît.
C'est aussi un découvreur infatigable, toujours en réflexion, pour faire que les innovations d'un jour soient appelées à devenir obsolètes demain.
Comme, par ailleurs, Jean n'est pas homme à travestir ses amitiés ou son point de vue sur les hommes, il faut parfois beaucoup d'abnégation pour arriver à suivre le rythme qu'il impose.
Certains le croient taiseux, parfois difficilement accessible, alors qu'il demande juste de la sincérité.
Il n'aime rien tant que ceux qui savent emprunter les chemins de traverses sans crainte, les forts caractères.
Une chose est sûre : quand Jean accorde son amitié, ce n'est pas pour se renier le lendemain.
Il l'avoue lui-même, ces valeurs lui viennent de son enfance, quand il naviguait sur Mervent l'Armagnac familial au large de l'archipel des Glénan.
C'est peut-être là qu'il acquiert cet amour de la mer, cette certitude que sur un bateau, il n'est pas possible de tricher.
Les premières courses-croisières le lui confirment. Elles le confortent aussi dans ce goût de la compétition :
se dépasser, être à la recherche du détail qui convient bien, élever son niveau d'exigence sont chez lui des attitudes évidentes.
On ne gagne pas trois fois la Solitaire du Figaro sans avoir une envie ancrée au fond de soi de prouver qu'on peut encore dépasser ses propres limites.
Mais on peut être volontaire, acharné sur la bête sans être pour autant dogmatique.
Dans le petit monde de Monsieur Le Cam, il y a une place évidente pour la fantaisie, pour l'autodérision.
Il n'est pas un modèle de vertu en matière de préparation physique convaincu que bouffer du mille vaut toujours mieux que d'enfiler des longueurs dans une piscine ou de faire des kilomètres de VTT.
Même s'il reconnaît prendre aujourd'hui un certain plaisir à soulever parfois de la fonte.
Il sait être capable d'un franc-parler sans ménagement quand il ressent des entorses au bon sens ou à l'honnêteté.
Formaté, jamais...
Au bout du compte, c'est sûrement pour toutes ces raisons qu'il entraîne dans son sillage, de l'employé au chef d'entreprise, de l'intellectuel à l'artisan, autant de partisans...