Les indemnités d’un maire adjoint ne constituent pas un salaire au sens du droit du travail. Ce sont des indemnités de fonction versées en compensation du temps consacré au mandat. Leur montant dépend de la strate démographique de la commune et d’un indice brut fixé par le Code général des collectivités territoriales (CGCT).
La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 a rehaussé les plafonds applicables dans les communes de moins de 20 000 habitants, ce qui modifie concrètement les montants perçus à partir de 2026.
Mécanisme de calcul de l’indemnité d’un adjoint au maire
Le mécanisme repose sur un indice de la fonction publique. Chaque strate de population se voit attribuer un taux maximal, exprimé en pourcentage de la valeur annuelle de cet indice de référence.
Plus la commune est peuplée, plus le taux maximal est élevé. Les adjoints des très petites communes perçoivent donc des indemnités nettement inférieures à celles de leurs homologues des grandes villes.
Ces montants sont des plafonds. Le conseil municipal peut fixer l’indemnité en dessous, mais jamais au-dessus.
Barème des indemnités maximales des adjoints par strate de commune
Le CGCT fixe un barème par strates démographiques, allant des communes de moins de 500 habitants jusqu’aux villes de plus de 200 000 habitants. Chaque strate correspond à un taux maximal exprimé en pourcentage de l’indice de référence. Le montant mensuel brut se déduit directement de ce taux appliqué à la valeur annuelle de l’indice, divisée par douze. Les taux et montants précis figurent dans les textes réglementaires à jour publiés par le ministère de l’Intérieur.

Délibération du conseil municipal et arrêté de délégation : deux conditions pour percevoir l’indemnité
Un adjoint au maire ne perçoit pas automatiquement son indemnité après l’élection. Deux actes administratifs sont nécessaires.
- Une délibération du conseil municipal fixant le montant de l’indemnité, dans la limite du taux maximal autorisé pour la strate de la commune.
- Un arrêté de délégation du maire, devenu exécutoire, qui confie officiellement des attributions à l’adjoint. Sans délégation effective, l’adjoint n’a pas droit à l’indemnité.
- La transmission de ces actes au contrôle de légalité (préfecture), qui conditionne leur caractère exécutoire.
Cette double exigence explique pourquoi, dans certaines communes, des adjoints fraîchement élus attendent plusieurs semaines avant de toucher leur première indemnité. Le retard provient généralement de l’arrêté de délégation, qui suppose que le maire ait défini et réparti les compétences entre ses adjoints.
Enveloppe indemnitaire globale : ce qui change avec la réforme 2026
La loi du 22 décembre 2025 modifie le mode de calcul de l’enveloppe indemnitaire. Jusqu’à présent, cette enveloppe dépendait du nombre d’adjoints effectivement en poste. Depuis 2026, l’enveloppe est calculée sur le nombre théorique d’adjoints que la commune peut désigner, conformément au CGCT.
En pratique, une commune qui choisit de nommer moins d’adjoints que le maximum autorisé dispose malgré tout de la même enveloppe globale. Le conseil municipal peut alors répartir ces crédits entre les adjoints en fonction, à condition de ne pas dépasser le plafond individuel.
Cette nouvelle règle avantage les petites communes où le maire limitait volontairement le nombre d’adjoints pour des raisons pratiques. L’enveloppe, désormais plus large, offre une marge de manœuvre pour mieux indemniser les élus en exercice.
Revalorisation ciblée sur les communes de moins de 20 000 habitants
Les taux maximaux ont été relevés principalement dans les strates basses. La logique est dégressive : plus la commune est petite, plus la hausse relative est marquée. Les communes de plus de 20 000 habitants conservent des barèmes proches des précédents.
Cette orientation vise à réduire l’écart entre les indemnités perçues en milieu rural et celles des villes moyennes.

Fiscalité et cotisations sociales sur les indemnités de fonction
Les indemnités de fonction des adjoints au maire sont soumises à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Le montant brut figurant dans le barème ne correspond donc pas au montant net perçu.
L’élu peut opter pour la retenue à la source ou pour le régime de droit commun lors de sa déclaration de revenus. Des prélèvements sociaux (CSG, CRDS) s’appliquent. Le montant net perçu par un adjoint est donc sensiblement inférieur au brut affiché dans les barèmes.
Cette dimension fiscale est souvent absente des tableaux de barèmes diffusés après les élections. Elle modifie pourtant la réalité financière du mandat, surtout pour les élus qui exercent cette fonction en complément d’une activité professionnelle.
Cumul de l’indemnité d’adjoint avec un emploi ou un autre mandat
Un adjoint au maire peut cumuler son indemnité avec un emploi salarié ou une activité indépendante. Le CGCT ne pose pas d’interdiction de principe sur ce point. En revanche, le cumul de plusieurs indemnités de mandats électifs est plafonné.
Au-delà du plafond fixé par la loi, l’élu doit choisir quelles indemnités conserver. Ce cas concerne principalement les élus détenant simultanément un mandat municipal et un mandat intercommunal ou départemental.
Pour un adjoint exerçant une seule fonction élective, la question du cumul se limite à l’articulation avec son employeur. Les élus salariés bénéficient d’autorisations d’absence prévues par le Code du travail, mais ces absences ne sont pas systématiquement rémunérées par l’employeur.
La réforme de 2026 n’a pas modifié les règles de cumul. Elle se concentre sur les barèmes et le calcul de l’enveloppe, sans toucher au plafonnement ni aux conditions de versement liées à la délégation.

