Les phrases « il a prit » et « il a pris » coexistent sur de nombreux forums, copies d’élèves ou courriers professionnels. L’erreur s’observe même dans des écrits publics, malgré l’existence d’une règle élémentaire en grammaire française. Une confusion persiste, entretenue par la proximité sonore des deux formes et par l’oubli de certaines conjugaisons au passé simple. Les exemples corrigés éclairent les distinctions fondamentales à maîtriser.
Pourquoi « on a pris » et non « on a prit » : comprendre l’origine de la confusion
La confusion entre « pris » et « prit » illustre une difficulté bien ancrée dans l’écriture du français. Tout part de leur ressemblance à l’oreille, mais à l’écrit, la différence saute aux yeux, ou du moins, devrait. Ces deux formes appartiennent à des conjugaisons bien distinctes du verbe prendre. À l’oral, tout se fond ; à l’écrit, il faut trancher avec précision.
Le mot « pris » désigne le participe passé du verbe prendre. On le rencontre systématiquement avec l’auxiliaire avoir pour former le passé composé. C’est la forme attendue dans des phrases comme : « on a pris une décision ». Rien ne vient la remplacer après l’auxiliaire, la règle ne souffre aucune exception dans ce cas.
À l’inverse, « prit » correspond au passé simple à la troisième personne du singulier. Il se passe totalement d’auxiliaire. L’erreur « on a prit » naît donc d’une confusion fréquente entre le passé composé et le passé simple : deux temps qui ne se conjuguent jamais de la même manière, et encore moins ensemble.
Pour clarifier les choses, voici les usages à retenir :
- On a pris : c’est bien la forme correcte du passé composé, toujours avec l’auxiliaire avoir.
- Il prit : c’est la forme du passé simple, sans auxiliaire ni détour.
En grammaire, la règle est nette : le participe passé « pris » ne varie pas selon le sujet après « avoir », sauf cas spécifiques d’accord avec un complément d’objet direct placé avant. Cela implique une vigilance accrue : « prit » ne doit jamais suivre « a ». La conjugaison impose cette différence, sous peine de voir l’erreur s’installer dans les écrits professionnels et personnels.
Exemples corrigés et astuces pour ne plus hésiter à l’écrit
Face à la subtilité de l’orthographe française, un point mérite attention : le participe passé s’utilise avec l’auxiliaire avoir et demeure invariable, sauf si le complément d’objet direct précède le verbe. Exemple parlant : « Les décisions que nous avons prises étaient nécessaires. » Ici, le mot « prises » s’accorde avec « décisions » (féminin pluriel) placé avant.
Dans le cas du jour, la seule forme correcte s’écrit « on a pris », jamais « on a prit ». Pour éviter l’hésitation, il existe une astuce simple : remplacez « prendre » par un autre verbe du même groupe, comme « mettre ». Diriez-vous « on a mit » ? Non, seule la forme « on a mis » tient la route. Ce test fonctionne aussi pour d’autres verbes irréguliers que l’on croise souvent :
- « on a fait » (et non « on a fait »)
- « on a dit » (la forme « on a dit » reste correcte, pas « on a dit »)
- « on a compris » (jamais « on a comprit »)
La méthode Wilmet propose de s’interroger : le complément d’objet direct est-il là, et placé avant le verbe ? Ce réflexe aide à contourner la plupart des pièges de l’accord, y compris avec les verbes pronominaux ou à l’infinitif.
Les verbes du troisième groupe, comme prendre, suivent cette même logique. Le passé composé « on a pris » s’oppose clairement au passé simple « il prit », ce dernier réservé à la littérature ou à des récits empreints de distance. Pour ne laisser aucune place au doute, transformez la phrase au féminin pluriel : « Elles ont pris » et non « elles ont prit ». La grammaire ne transige pas. Rigueur et attention sont vos meilleurs alliés pour écrire juste.
Un mot mal choisi peut faire vaciller toute une phrase. Mais une règle comprise, c’est un faux pas en moins. La langue française ne pardonne pas l’à-peu-près : à chacun de choisir la bonne forme et d’en faire un réflexe solide.

